Leçon IX. Le secret de l’absorption du Vril.

Dans de nombreux traités sur la respiration psychique ou d’autres enseignements occultes dans lesquels la respiration est employée pour l’absorption du Vril (sous l’un des noms qui lui sont donnés), nous trouvons de nombreuses méthodes fantaisistes de respiration, auxquelles on accorde une grande importance en vantant les mérites supposés de chacune. Une analyse un peu attentive montre que ces méthodes se divisent en deux catégories :

1. Les méthodes dans lesquelles le souffle est inspiré, retenu et expiré d’une manière fantaisiste — souvent selon un compte précis de moments pour chaque étape du processus, ou accompagné d’un rituel bizarre. Une variante de cette catégorie consiste à inspirer par une narine, expirer par l’autre, puis inverser l’ordre des narines.

Les meilleures autorités estiment qu’il n’y a aucune vertu réelle dans la forme fantaisiste de ces méthodes, en dehors de l’effet suggestif sur l’imagination de la personne. L’auto-suggestion produit un certain bénéfice grâce à la croyance de l’individu, qui met en mouvement les activités de l’esprit subconscient et, par conséquent, des organes physiques par l’intermédiaire du système nerveux sympathique. Ces méthodes ne sont que des variations du principe qui sous-tend la « guérison par la foi », et leurs résultats sont obtenus de la même manière.

2. La seconde catégorie de ces méthodes fantaisistes consiste simplement en des combinaisons de mouvements bien connus de culture physique, avec une insistance particulière sur l’utilisation de la respiration pendant leur exécution. Ces exercices ont, bien sûr, leur valeur pour promouvoir la culture physique, la phase respiratoire n’étant qu’incidente et secondaire.

On voit que les méthodes fantaisistes expliquées ci-dessus, bien qu’elles ne possèdent en elles-mêmes aucune valeur spéciale, peuvent néanmoins produire du bien si elles sont pratiquées avec modération et sans excès. Cependant, il existe certains exercices qui, selon nous, mettent un accent excessif sur la rétention du souffle et sur la durée de l’inspiration et de l’expiration. À notre avis, il y a un risque de tension dans de telles pratiques, et nous ne les recommandons pas, surtout lorsqu’on se souvient qu’elles n’ont aucune valeur physiologique ou psychique réelle.

Nous avons entendu parler d’enseignants de certains de ces systèmes qui apprenaient à des groupes de personnes à inspirer très lentement et à retenir leur souffle jusqu’à ce qu’une sensation de vertige apparaisse, considérant cette étrange impression de « tête qui tourne » comme la preuve du développement d’un état psychique élevé. La moindre connaissance de la physiologie élémentaire devrait pourtant enseigner que ce vertige n’est pas un état psychique, mais provient de l’empoisonnement du corps par le gaz carbonique généré dans le système (qui, dans des conditions naturelles, aurait été expulsé), et du fait que le corps et le cerveau crient « Oxygène ! Envoyez-nous de l’oxygène, ou nous périssons ! ». En bref, au lieu d’atteindre un état de puissance psychique, on induit en réalité un état d’asphyxie partielle.

Les maîtres Arcaniques n’enseignent aucune des méthodes fantaisistes ou imaginaires mentionnées ci-dessus. Au contraire, ils affirment qu’il n’existe pas de meilleure façon d’absorber le Vril, dans les circonstances ordinaires, que la méthode naturelle de la « respiration complète ». Ils considèrent que l’homme ou la femme qui acquiert ou réacquiert l’habitude d’une « respiration complète » naturelle et correcte absorbera généralement une quantité normale de Vril.

Mais ils estiment également qu’une quantité supplémentaire de Vril est souvent nécessaire à ceux qui vivent dans des conditions qui tendent à les épuiser par un usage excessif ou un gaspillage excessif. Ils enseignent donc des méthodes permettant d’absorber une quantité supplémentaire de Vril selon le désir ou le besoin de la personne. Cependant, cette méthode d’absorption ne consiste pas en une méthode ou un exercice physique fantaisiste, mais repose sur l’utilisation de l’esprit en relation avec le processus naturel et normal de la respiration. La méthode Arcanique est psycho-physique, plutôt que purement physique.

Ceux de nos étudiants qui ont étudié les ouvrages précédents de cette série comprendront le pouvoir et l’effet de l’esprit sur les fonctions physiques, sans que nous ayons besoin d’entrer dans les détails ici.Le secret de la méthode Arcanique d’absorption du Vril réside dans le fait que le système nerveux peut être stimulé à une efficacité redoublée par l’action de l’esprit dirigée sur lui.

Dans la Leçon X de « The Arcane Formulas, or Mental Alchemy », intitulée « Le Mentalisme en une coquille de noix », est expliquée la méthode de « visualisation » psychique, c’est-à-dire la formation et le maintien de l’image mentale des choses et des conditions que l’on souhaite réaliser objectivement et sous forme matérielle. Dans la même leçon est expliquée l’utilisation de la volonté dans la matérialisation et l’objectivation des conditions désirées.

À la page 97 de cet ouvrage, on trouve le paragraphe suivant : « Le secret de l’alchimie mentale peut être énoncé comme consistant, du début à la fin et toujours, en l’art de l’imagerie mentale, renforcée par la volonté… Bien que pour le débutant le sujet du mentalisme puisse sembler très compliqué, l’occultiste avancé sait qu’il s’agit de l’extrême simplicité. L’alchimie mentale, sous quelque nom qu’elle se déguise, consiste finalement simplement en la capacité de créer des images mentales fortes et claires, et de les projeter dans le monde extérieur au moyen de la volonté concentrée… Vous constaterez que tout ce que vous avez lu sur le sujet peut être “réduit” au principe énoncé ci-dessus. Le reste n’est qu’une question de détails. Cette seule affirmation est “le mentalisme en une coquille de noix”. »

Nous avons cité cet ouvrage antérieur de la série afin de souligner le fait que le pouvoir de la visualisation psychique, soutenu par le pouvoir de la volonté, est le secret de l’absorption du Vril, comme il l’est de tous les phénomènes psychiques ou psycho-physiques.

La première étape dans l’absorption du Vril consiste pour l’étudiant à réaliser qu’il existe dans l’air atmosphérique une réserve universelle de Vril dans une phase et une condition telles qu’elle peut être facilement assimilée par le système nerveux de l’homme et des autres créatures vivantes.

La deuxième étape est la formation d’une image mentale claire de cette réserve universelle de Vril. Bien sûr, le Vril n’ayant ni forme, ni couleur, ni apparence extérieure définie, l’esprit ne peut pas en former une image comme d’une chose possédant forme, couleur ou autre attribut tangible. Mais l’esprit peut l’imaginer comme il imaginerait un espace rempli de puissance électrique, de magnétisme ou d’éther. L’esprit doit entrer dans la conscience de la présence du Vril dans l’espace, tout autour de soi, et dans chaque atome d’air que l’on respire. Cette conscience de cette présence doit être acquise avant tout progrès ultérieur — elle doit être entretenue mentalement jusqu’à ce que l’esprit saisisse sa réalité et devienne conscient de sa présence, tout comme on est conscient de la présence de l’espace lui-même. Dans la mesure où cette conscience est acquise, dans cette même mesure la manifestation devient possible.

L’étape suivante est la réalisation et l’imagerie mentale de la faculté du système nerveux à absorber la quantité de Vril requise, en réponse au commandement de la volonté. L’esprit doit visualiser les nerfs absorbant le Vril de l’air, tout comme il peut visualiser les poumons absorbant l’oxygène de la même source. L’un doit être perçu comme aussi réel que l’autre. Bien sûr, les nerfs absorberont le Vril de manière ordinaire, que l’on soit conscient du processus ou non — c’est d’ailleurs ainsi que la personne moyenne absorbe le Vril — mais pour augmenter le pouvoir d’absorption du système, l’esprit doit être employé de la manière décrite ci-dessus. Ce processus confère à la fonction d’absorption une efficacité accrue, tout comme l’on sait que la force de la pensée augmente l’efficacité de l’estomac, du foie ou d’autres organes du corps.

L’étape finale est l’utilisation de la volonté pour commander au système d’absorber une plus grande quantité de Vril. Après que la raison ait reconnu la possibilité de ce processus, et que l’imagination l’ait représenté comme étant accompli, alors la volonté peut être dirigée vers la tâche d’en exiger l’exécution.

À ceux pour qui cette affirmation peut sembler étrange, nous dirions que la majorité de nos actions physiques se développent précisément de cette manière. À l’exception de quelques actions instinctives élémentaires qui s’effectuent presque automatiquement, le jeune animal, et particulièrement le jeune enfant humain, réalise d’abord qu’un mouvement peut être fait, puis le voit s’accomplir par les facultés imaginatives ou idéatives, et enfin le veut délibérément. L’enfant suit ce processus en apprenant à utiliser ses jambes pour marcher, ses mains pour saisir un objet et le porter à sa bouche, puis plus tard pour diriger sa main pour écrire, utiliser le couteau et la fourchette ou accomplir des tâches similaires.

L’histoire de l’évolution, telle que racontée par Lamarck et son école, nous enseigne que les formes de vie ont progressivement développé de nouvelles fonctions de cette manière, l’organe physique évoluant en réponse à l’image mentale et au désir. En formant l’image mentale jusqu’à ce qu’elle soit fermement fixée dans l’esprit subconscient, puis en la renforçant et en l’imposant par la volonté, la « nature » de la personne développe la faculté d’une puissance accrue d’absorption du Vril, qui se manifeste en réponse à la volonté de la personne.

Exercice d’absorption du Vril.

L’exercice suivant servira de guide général à ceux qui souhaitent augmenter leur pouvoir d’absorption du Vril :

(1) Pratiquez la « respiration complète » (comme décrit précédemment), et, pendant l’inspiration, représentez-vous mentalement l’absorption du Vril d’abord par les nerfs de la cavité nasale et de l’arrière de la tête, puis par les cellules des poumons, tout en « voulant » que le Vril soit ainsi absorbé. Ou, si on le préfère, on peut le formuler ainsi : VEUILLEZ que le système absorbe une quantité accrue de Vril, et représentez-vous mentalement en même temps le processus d’absorption. Ou encore, une troisième forme sera peut-être plus facile pour certains : VEUILLEZ l’absorption du Vril, et en même temps « sentez » qu’elle est en cours.

Après un peu de pratique, l’étudiant découvrira que le système devient aussi réceptif à la volonté dans cette fonction que les poumons le sont lorsque l’on décide de prendre une respiration plus ample et plus profonde que d’habitude. Et, de la même manière, la personne deviendra presque aussi vivement consciente de l’afflux de Vril qu’elle l’est de l’afflux d’air pendant la respiration.

Un peu de pratique démontrera cela à l’étudiant par sa propre expérience réelle, bien mieux que nous ne pourrions le faire en pages de descriptions et d’affirmations écrites. Imaginez ce que ce serait d’essayer de décrire la sensation de respirer à une créature qui n’aurait jamais respiré — un visiteur, par exemple, venu d’une étoile lointaine où la respiration est inconnue. Ou d’essayer de décrire la sensation de voir la couleur « écarlate » à un homme né aveugle. Ou la sensation du goût du sucre à quelqu’un qui n’aurait jamais rien goûté de sucré. Des sensations de ce genre doivent être vécues pour être comprises. L’étudiant a la matière entre ses mains — son expérience et sa connaissance réelle dépendent de sa propre pratique.

Il n’est pas prévu que l’on pratique cette absorption consciente du Vril en permanence — ce n’est pas nécessaire. De plus, ce n’est pas pratique, car le processus exige la concentration de l’attention sur la tâche, et l’on a besoin de son attention pour d’autres usages. Il suffit de pratiquer cette méthode lorsque l’on sent que sa réserve de Vril est épuisée, ou juste avant d’entreprendre un travail qui exigera probablement une énergie supplémentaire.

On peut absorber du Vril supplémentaire tout en étant occupé à d’autres tâches, sans perturber son occupation — cela ne requiert qu’un moment ou deux — tout comme la locomotive en marche prend de l’eau sans s’arrêter. Il est excellent de pratiquer quelques exercices légers de culture physique le matin avant de se lever, puis de consacrer quelques instants à l’absorption du Vril. Cela permettra de bien commencer la journée. Lorsque l’on se sent fatigué pendant la journée, un moment de relaxation et la pratique de l’absorption du Vril apporteront un grand bénéfice.

Il n’y a pas de règles fixes à observer en la matière. Chacun doit utiliser son propre jugement et adapter la méthode à ses inclinations et à ses besoins. Absorbez du Vril chaque fois que vous sentez que vous en avez besoin.