Leçon V. La Transformation du Vril.

Nous avons vu que le Vril, dans sa deuxième phase, est inhérent à toutes les formes de matière atomique, et par conséquent à toutes les formes de matière résultant de combinaisons d’atomes matériels. Puisque toute matière est composée d’atomes matériels, il s’ensuit que le Vril se trouve dans toute matière. Mais il existe une très grande différence dans les formes et les conditions dans lesquelles et sous lesquelles il apparaît.

De même que la matière est identique qu’elle apparaisse sous la forme et dans l’état du diamant ou de l’acier le plus dur, ou sous la forme et dans l’état du pain et du beurre, de même on peut dire que le Vril est le même en principe, qu’il apparaisse dans le granit ou dans l’air. Cependant, il est tout aussi vrai que, de même que l’acier et le diamant ne peuvent pas être utilisés par l’homme comme source de nourriture physique de la même manière que le pain et le beurre, le Vril présent dans le granit n’est pas disponible pour l’homme de la même façon que le Vril présent dans l’air, l’eau et les substances alimentaires protoplasmiques.

Bien que toutes les choses dans la nature soient, en dernière analyse, une seule et même substance et un seul et même principe, le laboratoire de la nature forme néanmoins de nombreuses combinaisons et impose de nombreuses conditions à ces choses, adaptant ainsi certaines à un usage et d’autres à un autre usage. C’est ici que la science intervient et insiste sur le côté pratique des choses, par opposition aux « purs principes » de la métaphysique. Comme l’a dit un jour une autorité : « Ceux qui aiment étudier les énigmes sur ce que sont réellement l’esprit et la matière doivent se tourner vers la métaphysique. Même si nous découvrions un jour que le sel, l’arsenic et toutes les autres choses sont la même substance avec un arrangement moléculaire différent, nous ne les utiliserions pas de manière interchangeable. »

Ainsi, à celui qui objecterait que « le Vril est le Vril », nous répondrions que, bien que « la matière soit la matière », il ferait bien de choisir des formes protoplasmiques de matière pour se nourrir, plutôt que des diamants ou de l’acier — le même principe s’appliquant au Vril dans son application aux besoins humains.

La nature a si sagement arrangé les choses que l’approvisionnement en Vril, dans sa deuxième phase, se trouve sous sa forme la plus utilisable pour l’homme — dans les combinaisons précises qui répondent aux exigences de sa transmutation vers la troisième phase, dans laquelle seule l’homme peut l’utiliser — dans ces formes mêmes de substances que l’homme emploie dans son économie physique à d’autres fins.

Le Vril, dans la combinaison précise requise pour sa transmutation selon les besoins de l’homme, se trouve :

(1) dans les substances protoplasmiques que l’homme consomme naturellement comme nourriture et alimentation ;

(2) à un degré moindre, dans l’eau que l’homme boit afin de maintenir son équilibre hydrique et d’éliminer les déchets de son système ;

(3) à un degré élevé, dans l’air atmosphérique que l’homme respire dans ses poumons dans le but d’obtenir de l’oxygène pour maintenir la chaleur corporelle et brûler les déchets du système, tant dans la cellule elle-même que dans les poumons.

Ainsi, nous voyons que l’homme peut ne rien savoir du tout sur le principe et les usages du Vril, et pourtant il sera obligé par la nature de consommer précisément ces substances dans lesquelles il est inhérent.

Dans des circonstances normales, l’individu obtiendra suffisamment de Vril par le système « au hasard » de manger, boire et respirer qu’il pratique, sans aucune instruction particulière sur le sujet. Mais, comme nous l’avons dit, les conditions inhabituelles dans lesquelles vit l’homme moderne, particulièrement dans les grandes villes, sont telles qu’il y a un plus grand gaspillage et une plus grande utilisation du Vril que ce que la Nature avait prévu ou prévu de fournir. Par conséquent, l’homme qui dissipe ainsi l’une des plus grandes forces de la Nature doit la remplacer et la reconstituer par des moyens extraordinaires.

Il doit faire appel à son intellect pour venir en aide à son esprit subconscient, et fournir ce qu’il risque de ne pas obtenir dans le cours ordinaire de sa vie. Cela n’est en rien contraire à la nature. C’est simplement aider la nature dans son travail.

Nous voyons des exemples de cela dans d’autres aspects liés au bien-être physique de l’homme. Par exemple, l’homme à l’état naturel n’a pas besoin d’être poussé à faire de l’exercice, car son métier ordinaire et sa journée de travail lui fournissent tout l’exercice dont il a besoin. Mais l’homme dont le travail le confine à l’intérieur et derrière un bureau n’obtient pas la quantité normale d’exercice ni d’activités en plein air ; il est donc obligé de marcher pour sa santé et de pratiquer diverses formes d’exercice « artificiel ».

L’homme naturel n’a pas besoin de prendre des vacances ni de s’adonner à la pêche, au canotage ou au golf pour son bien-être physique, tandis que son frère en ville est conseillé de faire pour se divertir ce que l’homme naturel fait par nécessité. L’exemple d’un éminent homme d’État abattant des arbres pour faire de l’exercice et se divertir, alors que le bûcheron ne trouve dans la même activité que du « travail », est une autre illustration de ce fait.

C’est pourquoi, dans ce petit livre, nous aurons quelque chose à dire concernant les moyens et les méthodes par lesquels celui qui est déficient en force Vril peut obtenir ce dont il a besoin et qu’il ne peut pas se procurer de manière ordinaire. L’homme qui mène une vie naturelle dans les bois et qui pratique suffisamment d’exercice physique pour activer les fonctions d’absorption du Vril n’aura pas besoin de ces instructions — elles ne sont pas pour lui.

Mais il est très important que l’individu moyen qui lit ce livre profite du système et des méthodes simples, naturels et rationnels qui y sont présentés. Cet enseignement ancien est hautement pratique et applicable aux conditions modernes. Nous pouvons appliquer ces enseignements d’une civilisation passée aux exigences de la nôtre, avec de grands bénéfices.